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D'un point de vue éducatif, pédagogique et cognitif, nous savons combien les sciences faisant appel à l'observation et à l'expérimentation participent à l'édification de l'autonomie intellectuelle des élèves, à laquelle s'ajoute le plaisir de la découverte et de la compréhension, bases essentielles de la pédagogie. A l'encontre d'une "domestication de la raison", les sciences expérimentales participent à l'édification de la raison confrontée à une démarche objectiviste et argumentative.

Est-ce que supprimer les sciences va permettre de remonter dans les classements comparés des systèmes éducatifs nationaux ? Plutôt que de reconsidérer les faiblesses de notre système éducatif, on préfère contester les critères retenus pour ces évaluations. Si ces critères sont discutables, il n'en reste pas moins vrai que les diverses enquêtes convergent vers le même constat.

Si les contempteurs de ces études avaient un minimum de culture scientifique, ils comprendraient que nous avons un réel problème, et qu'on ne va pas le résoudre en se focalisant sur des "enseignements fondamentaux" qui ont mené à cette situation. Ce n'est pas en gommant les enseignements scientifiques que le niveau va augmenter en français et en calcul ; comme si réduire l'éducation physique favorisait l'éducation à la philosophie !
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En savoir plus : Pour une nouvelle pédagogie des sciences de la vie et de la Terre, par Pascal Picq

LE MONDE du 19 décembre 2009