Les lois sur l'Ecole sont très rares. Chacune, 1989, 2005, 2013, a marqué profondément l'institution scolaire. Avec la loi qui vient d'être votée non seulement Jean-Michel Blanquer comme à son habitude fait l'inverse de ce qu'il dit faire (instaurant non la confiance mais la défiance), mais menace gravement l'Ecole, une des rares institutions qui jusqu'à présent tentait de compenser les inégalités.

Texte majeur ou mineur ?

«En gravant son nom sur cette quatrième loi, JM Blanquer signe un texte qui aura une portée administrative importante, marqué par un recul vers une école plus inégale. Mais un texte finalement mal rédigé, tout empli de l'autoritarisme de son rédacteur, peu pensé et à coté de la plaque par rapport aux difficultés de l'Ecole française.»

François Jarraud, Le Café pédagogique

Noir tableau

«Assemblage de mesures hétéroclites, prises sans concertation, elle frappe par son esprit autoritaire, dès son article 1 qui entend brider la liberté d’expression des enseignant-e-s, et par les régressions concrètes qu’elle porte pour les enfants de l’Ecole publique.

Cette loi ignore le défi majeur des inégalités sociales et territoriales qui traversent notre système éducatif. Pire elle les renforce, en mettant en péril les petites écoles rurales et le rôle des directeurs d’école (création des EPSF), en abondant le financement des écoles privées (+150 millions/ an) ou en créant à l’inverse de nouveaux établissements internationaux qui pourront accueillir de façon dérogatoire les enfants des milieux privilégiés. Et avec la suppression du Cnesco, le ministère remet en cause le principe même d’une évaluation indépendante des politiques éducatives.»
Génération‧s

L'Ecole de la confiance


Le billet de Nicole Ferroni 20 février 2019 © France Inter

La loi sur l'école de la confiance attise la méfiance

«Le projet de loi sur l'éducation permettra-t-il de poursuivre les enseignants qui critiquent l'institution ? » Olivier Monod, Libération

La liberté d'expression, nous devons la garder

Pétition pour le maintien de la liberté d'expression.
FSU

Anatomie d'une déception

«un texte qui relève du fourre-tout législatif et ne développe toujours aucune vision forte de l'école. Au regard des réactions qu'il suscite, on est plus proche d'une nouvelle crise de confiance que de l'avènement d'une école de la confiance. (...)

L'un des points les plus âprement discutés est l'établissement d'une sorte de devoir d'exemplarité des enseignants. Les syndicats et la gauche crient à l'embrigadement. Au vrai, on comprend surtout mal la portée et l'intention de la mesure. S'il s'agit d'une forme de réponse aux enseignants qui avaient pointé, en septembre dernier, le manque de soutien de leur hiérarchie face à des élèves et des parents violents, elle semble totalement déconnectée. (...)

Quelle déception, au regard des promesses électorales d'Emmanuel Macron qui parlait de liberté des acteurs locaux! On est bien loin d'une vraie autonomie qui aurait pour effet de responsabiliser les chefs d'établissements et les équipes pédagogiques en laissant aux enseignants la marge suffisante pour qu'ils puissent agir librement dans la gestion de leurs classes et de leurs élèves. »
Jean-Thomas Lesueur, Le Figaro

L’Ecole, terrain de jeu idéologique: ça suffit !

«une loi au nom de la signature ministérielle, répétée comme un mantra : Ecole de la Confiance. Mantra contredit par la réalité d’un pilotage toujours plus injonctif de l’Éducation nationale. (...)

Devoir constater encore en 2019 que l’éducation à l’égalité entre filles et garçons, entre femmes et hommes, est contestée par la représentation nationale est plus que consternant. (...)

Proposer et intégrer dans le projet de loi que les drapeaux de la France et de l’Union Européenne ainsi que l’hymne national soient affichés dans toutes les salles de classe est problématique à plus d’un titre. Inconséquent de par le coût de la mesure. Inutile ou révélateur d’une conception éculée de l’enseignement et de l’éducation. Depuis quand l’exposition à des symboles assure-t-elle la compréhension, l’intégration des valeurs et principes dont ils sont une représentation matérielle ? »
Catherine Nave-Bekhti, Sgen-CFDT