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De manière tellement orchestrée que cela en devient suspect, un certain nombre de journalistes et d'organes de presse tombent sur le dos des profs en sous-entendant que ce sont des feignasses indignes et bientôt responsables de tous les maux que connait l'école.

Nous n'avons eu de cesse de dénoncer, depuis le début du confinement, la somme de mensonges débitée par le ministre de l'Education nationale.

A commencer bien sûr par les sujets qui n'étaient pas de sa compétence en affirmant que les masques ne servaient à rien. On connait la suite. Il était d'autant plus zélé à mentir que sa responsabilité était gravement engagée puisque le ministère de l'Education devait maintenir des stocks de masques, au moins pour ses personnels, sinon pour les élèves. Hors aucun stock de masques n'était constitué et ce ministère est le plus grand employeur de France!

Après avoir répété à l'envie que les écoles ne fermeraient pas, s'en est suivie l'affirmation: "nous sommes prêts" (au confinement, c'est à dire à la fermeture des écoles)! On a pu constater que rien n'était prêt, que les plateformes numériques censées assurer la "Nation apprenante" étaient au mieux totalement sous-dimensionnées et au pire inadaptées.

Au final les enseignants ont du gérer avec les moyens du bord, les volontaires accueillant les enfants des soignants (sans masque), les autres en télétravail, utilisant leur propre matériel (ordinateur, imprimante, papier), en se rabattant souvent sur des serveurs de visioconférence privés à la confidentialité discutable (Zoom, etc.) faute de mieux.

La preuve que rien n'était prêt c'est que le ministère ne dispose d'aucune donnée précise sur ce qui s'est réellement passé. Tout a volé en éclats à commencer par les programmes (qu'il n'était plus possible de respecter), les notes servant à juger les élèves (puisqu'elles étaient injustes compte tenu des conditions inégalitaires de travail), l'accompagnement et l'évaluation du travail réalisé par les enseignants eux-mêmes (sauf quand cette fonction était assurée par les équipes, ce qui n'a peut-être pas pu être si fréquent).

Comme dans bien des domaines, le coronavirus est le révélateur de toutes les faiblesses de notre société (et ici de l'école). Au fait s'est-on demandé pourquoi les élèves décrocheurs décrochaient, pourquoi fallait-il en temps "normal" la contrainte de l'enfermement dans des murs pour les "motiver" à travailler (une fausse motivation qui ne relève peut-être pas d'une situation "normale")?

Et au lieu de se remettre en cause, concernant l'inutilité des programmes (ou au mieux leur inadéquation), concernant l'inutilité des "notes jugement" (ou au mieux de leur seul rôle de sélection sociale), on va pointer du doigt quelques tire-au-flanc ultra minoritaires (il en existe dans tous les métiers) et qui ont profité de la désorganisation du ministère.

Il faudrait peut-être insister justement sur le fait que, grâce au dévouvement de l'immense majorité des enseignants, l'école a continué d'exister et même parfois réussi à produire des innovations intéressantes comme le travail collectif à distance!

(à suivre)


Claude Meunier-Berthelot. 2020. Blanquer - Ce monstre froid-. Editions des Trianons
Dans cet ouvrage précis et documenté, l'auteur nous livre la réalité du personnage et de sa politique qui dément tous les propos dithyrambiques répandus à son sujet.

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